Inquiétances des temps

Un parcours à travers la collection
des films du Centre national
des arts plastiques
Du 25 avril au 29 août 2021

Une proposition de Pascale Cassagnau

4e plateau

IV. Portes battantes – OEuvres
ouvertes (essais documentaires)

24 juillet-29 août 2021

“Dans les contes, l’inquiétance du temps est indissociable du motif de la porte. Que nous faut-il laisser entrer ? Que doit-on à tout prix laisser dehors ? Nos ancêtres sur le continent européen n’avaient pas cette chance qu’avait Ulysse en Méditerranée de pouvoir mettre les voiles : en cas de danger,
il prend le large. Impossible de déplacer les maisons aussi vite », écrit Alexander Kluge dans L’Inquiétance du temps. Bien des oeuvres contemporaines inventent leur propre forme au fur et à mesure que s’élabore leur écriture, en prenant la forme de l’essai. De Montaigne à Diderot, de Paul Valéry à Robert Musil, de Theodor W. Adorno à Roland Barthes, l’essai est l’exercice de la mesure, la pesée, la vérification et la validation d’un territoire, bien souvent de façon fragmentaire et paradoxale.

Ici, les films se constituent en déconstruisant leur commentaire, en multipliant les conversations, les trajectoires des images entre elles. Cette conception des oeuvres ouvertes s’apparente à la « philosophie portes battantes » propre à la démarche anthropologique de la philosophe Claude Imbert. L’image féconde des « portes battantes » rejoint ici le postulat artistique de Marcel Duchamp selon lequel une
porte ne saurait être ni ouverte ni fermée. Il désigne l’intégration des contraires comme moteur favori de la pensée du champienne ainsi qu’une désacralisation de la figure de l’auteur.